Un travail d'atelier sur les fragments de pensées et les idées éphémères qu’induit la communication textuelle à l’ère du numérique (email, chat, SMS, tweets, etc...), sur le texte très court, sur le temps sans limite de l'instant.

Un ami d’enfance. À l’époque nous étions en classe de 3ème. Il était arrivé dans la région avec ses parents pour une année. Après cette année plus jamais eu de nouvelles. Vingt ans plus tard, je le revois.
Ses parents avaient déménagé de la région parisienne pour s’installer provisoirement à Cabourg. À la fin de l’année scolaire Xavier avait quitté la région avec eux et je n’ai plus eu aucune nouvelle de lui.
Vingt ans plus tard, je me promène sur la digue de Cabourg, je passe devant la maison qu’il occupait avec ses parents. Au balcon, une personne m’appelle et je le reconnais immédiatement. Il m’invite chez lui et m’explique que depuis toujours il rêve de revoir cette région. Il voulait acheter la maison de son enfance et y installer sa famille. Et aussi ouvrir un cabinet de radiologie à Cabourg. Je savais qu’il allait y arriver, je me souviens de lui comme un brillant élève.
Dans une cabane
une grotte
une plage
un bateau
A part avoir dormi dans ma chambre d’enfant il m’arrivait pendant les vacances scolaires de dormir dans une cabane perchée sur un arbre, construite par mes frères et moi-même.
Il y avait aussi un endroit ou personne ne pouvait me trouver, une grotte, seule maman avait devinait car elle avait vu son stock de bougies diminuer, j’en avais renversée sur un pantalon en velours. Je dormais par terre à même le sol avec une veille couverture que je trimballais.
Adolescente je dormais sur des plages, dans le désert. Plus confortable avec un duvet et une bande de copains.
Et encore maintenant mon endroit préféré et de dormir dans un bateau, entendre le clapot sur la coque.
Nuages fins, effilés rouges, cheveux d’ange.
Nuages chargés, rondouillards.
Nuages en colères, impersonnels, très noir, gris foncé.
Nuages surprenants, imposant par sa forme sa couleur, majestueusement présent.
Nuages, je cherche à quoi tu peux ressembler ; un visage, un animal, un objet…
L’ampleur d’un nuage, qui le voit ? Jusqu’ou ?! L’infini !
Quand tous les nuages réunis ne fond plus qu’un ciel charger.
Les nuages moutons blancs.
Les nuages qui s’accrochent aux montagnes.
Je prends le tube de dentifrice et le presse de bas en haut pour faire remonter la pâte.
Je dévisse le bouchon du tube et presse sur la partie bombée où se trouve maintenant la pâte.
La pâte sort et je l’étale sur la brosse à dent dont je me suis saisie dans la main opposée.
Je porte la brosse à dent jusqu’à ma bouche ouverte et commence à frotter les molaires dans un mouvement circulaire.
Le goût mentholé du dentifrice envahit ma bouche tandis que la brosse attaque la partie latérale externe de la mâchoire.
J’exerce un mouvement de haut en bas comme le recommandent les dentistes, puis j’attaque le brossage des dents de devant, l’arrière et l’avant.
Je brosse ensuite l’arrière des dents et crache le dentifrice devenu mousseux dans ma bouche.
De ma main libre, j’avais reposé le tube, j’allume l’eau et rince la brosse à dents.
Une fois bien rincée je me saisis d’un verre que je remplis et rince ma bouche.
Faites revenir quelques pêcheurs bourrus avec une pincée de crachin et du sable jaune, ajoutez une brassée de nuages opaques, une mer grisâtre et une jeune femme triste. Jetez le bouquet de fleur blanche dans le bouillon et portez à la température de 2°C.
Disposez le tout sur un lit de sable jaune orné d’une jetée de bonne longueur.
Un lit à barreau bleu et blanc, très embêtants les barreaux pour aller sur le pôt, déjà que c’est pas facile à faire. Mais on apprend l’escalade.
Une auberge de jeunesse.
Les berges rocheuses d’une rivière brésilienne, à proximité de la chaleur du feu de bois, sous le ciel étoilé. Le bruit de l’eau qui court nous entraîne dans les rêves.
Bercée par le mouvement du bateau qui entraîne celui du hamac en Amazonie.
Un dortoir, chaus, bruyant, puant, mais je n’ai pas dormi.
Un canapé-lit chez des amis.
Un château, dans de vieux draps, de vieux couvrelits, sur un oreiller en plume dans le noir absolu et sans un bruit.
Dans la voiture, dans le bus, dans le train, dans le métro.
Chez une petite nièce, un lit tout près d’une fenêtre où l’air frais entre et court couloir menant à la porte d’entrée.
Un lit, juste le matelats posé au sol, dans une pièce située sous les toits.
Une cabine de train où se superposent des lits avec la petite veilleuse au plafond.
Le siège incliné, la couverture rabattue sur moi, la petite fenêtre sur ma gauche d’où j’observe d’en bas ses paysages qui me bercent.
Un jour il se promène avec une grande bouteille d’eau
Un jour il se baigne à n’importe quelle saison en mer
Un jour il se met à parler une langue étrangère
Un jour il se tape sur le ventre en s’inquiétant de savoir si oui ou non il a grossi
Un jour il se met sans savoir pourquoi il a composé le mouvement d’un joueur de tennis en pleine rue
Un jour il porte des tongs en plein hiver
Un jour il ne retrouve pas comme d’habitude ses vieilles cassettes stocke dans sa boîte à chaussures
Un jour il se promène sans son dictionnaire en langue étrangère
Des routes sinueuses. Beaucoup de scooter. Des poteaux électriques dans lesquels s’accumulent des centaines de câbles. Des baraquements au bord de la route. Les pick-up transportent l’arrière de nombreuses personnes debout. Les marchands ambulants de poissons frits avec leur side-car aménagés pour.