Un travail d'atelier sur les fragments de pensées et les idées éphémères qu’induit la communication textuelle à l’ère du numérique (email, chat, SMS, tweets, etc...), sur le texte très court, sur le temps sans limite de l'instant.

Éric Chapuis aime les religieuses au café. Il est né il ne sait ni quand ni où car sa mère l’a abandonné devant le portail du pavillon de Mr et Mme Baudru, rue du Général Leclerc. Il y a toujours une rue de ce nom dans une ville, ainsi qu’une au nom du Général de Gaulle.
Il devait avoir déjà deux mois quand Mme Baudru a trébuché sur son couffin en allant chercher la baguette fraîche du matin. Cette baguette, c’est le petit plaisir de son époux au petit-déjeuner. Depuis qu’il est à la retraite Mr Baudru se consacre à son train électrique et dévore une bonne baguette croustillante tous les matins. Mais revenons à Éric Chapuis.
Il a donc été élevé par ce couple de retraités, à l’époque, quand on était retraité, on pouvait arrêter de travailler et l’on gagnait assez d’argent pour bien manger, avoir un loisir comme le train électrique et voyager avec l’association des maquétistes ferroviaires pour visiter les gares des autres pays.
Éric Chapuis était un enfant sage. Il ne posait jamais aucun problème à ses parents adoptifs. Comme les autres enfants de son âge il faisait des collections : de coquilles d’escargots, de plumes, de feuilles mortes, d’insectes, de sables, de nids d’oiseaux et de coquilles d’oeufs. En somme, de tout ce qui, un jour, avait contenu la vie. Il accumulait ces objets comme pour retenir le souvenir de la vie qui les avait animés. Alors que d’autres abandonnent ces accumulations au bout de quelques mois, Éric Chapuis n’a jamais renoncé.
À 40 ans, il possède une des plus rare et abondante collection de nids au monde.
Le Museum d’Histoire Naturelle l’a invité pour inaugurer une magnifique exposition de nids dans laquelle on retrouve les pièces les plus belles de sa collection.