Un travail d'atelier sur les fragments de pensées et les idées éphémères qu’induit la communication textuelle à l’ère du numérique (email, chat, SMS, tweets, etc...), sur le texte très court, sur le temps sans limite de l'instant.
Je n’oublierai jamais Berthe aux grands pieds, une copine de pension. En fait elle s’appelait Bertille de la Grange de… quelque chose encore. Nous étions voisines de lit au pensionnat chez les bonnes sœurs et nous sommes devenues copines par obligation : nos deux grand-mères se connaissaient de longue date. Son père était vétérinaire dans le Calvados et sa mère était morte dans un bombardement en 1944.
Elle était pourrie gâtée par sa famille, cela n’améliorait pas son caractère ombrageux. Elle ne supportait pas qu’on la contredise, ni de perdre aux jeux de petits chevaux. Alors sa grande mère trichait pour la laisser gagner. Moi je n’aimais pas Berthe ni sa grande mère tricheuse.